08
Octobre
2013
|
05:00
Asia/Baku

L'usine de camions Mercedes-Benz de Wörth - la plus grande usine de camions du monde - a 50 ans

  • La décision de construire une usine de camions à Wörth remonte à 1963

  • Une méthode inédite de recrutement

  • 1965 : le premier camion sort de la chaîne de production de Wörth

  • Production annuelle de plus de 100 000 véhicules atteinte en 1975

  • Rohbau 2000 et une nouvelle chaîne d'assemblage

  • Un grand démarrage, une grande célébration : le nouvel Actros et 100 ans de camions

  • Le nouveau millénaire : développement avec la production des Axor, Unimog et Econic et l'installation d'un centre de développement et d'essais

  • Temps difficiles en 2009 : crise financière traversée sans licenciement

Wörth — Un camion sur deux immatriculés en Allemagne est un Mercedes-Benz, fabriqué à Wörth. Les véhicules qui sortent de cette usine de camions, la plus grande au monde, sont exportés dans 150 pays. L'usine emploie 12 000 personnes qui assemblent environ 100 000 véhicules par an. Bien qu'elle ait été à l'origine envisagée comme une unité seulement dédiée à la production de moteurs, l'usine de Wörth n'en a, dans les faits, jamais produit. La première cabine de camion est, en revanche, sortie de la chaîne d'assemblage le 1er octobre 1963, et plus de 3,6 millions de camions ont été construits à Wörth depuis 1965.

1960 : Daimler-Benz achète un site pour construire une usine de moteurs

Si tout s'était déroulé tel que planifié à l'origine, l'usine de Wörth serait aujourd'hui une grande usine de fabrication de moteurs et servirait également de site centralisé de production pour les deux autres usines de camions Mercedes-Benz de Mannheim et Gaggenau. Mais, comme chacun sait, les choses ne se déroulent pas toujours conformément aux plans.Vers la fin des années 1950, les deux usines de camions exploitées par ce qui s'appelle alors Daimler-Benz AG à Mannheim (camions légers 6-12 tonnes de PTC) et à Gaggenau (camions lourds de plus de 12 tonnes de PTC) fonctionnaient à pleine capacité. C'était l'ère du « miracle économique » allemand, la demande augmentait et les longs délais d'attente de livraison étaient la norme. Mais ces deux sites ne pouvaient construire plus de 150 camions par jour à eux deux, donc pas plus de 40 000 en rythme annuel. De plus, étant situées toutes deux dans des zones urbaines, il était difficilement envisageable de les agrandir. Toutefois, Daimler-Benz faisait preuve de prudence, dans la mesure où la direction pensait que les risques associés à une toute nouvelle usine de camions seraient trop importants, alors que la société n'envisageait pas à l'avenir de toute façon construire plus de 50 000 camions par an .

Daimler-Benz a donc fort logiquement choisi de construire une usine centralisée de production de moteurs qui approvisionnerait les deux usines de camions, afin d'en réduire la charge de travail. Cette nouvelle usine devait aussi reprendre la production des gros moteurs, qui, à l'époque, étaient fabriqués à Stuttgart.Le site retenu pour cette nouvelle installation est la ville de Wörth, qui se trouve à quelques kilomètres seulement à l'ouest de Karlsruhe, à mi-chemin entre Mannheim et Gaggenau. Wörth se trouve également être une ancienne île sur le Rhin. Ce terrain de 1,5 million de m² se situe à proximité de routes secondaires reliées à une grande autoroute, alors qu'une ligne de chemin de fer longe le site et qu'un nouveau port sur le Rhin est alors en planification. Bref, des liaisons idéales. La ville de Wörth, connue comme un site de pêche, et le Land allemand de Rhénanie-Palatinat militaient activement pour que Daimler-Benz, employeur de renom, vienne investir dans la ville.

Décision de construire une usine de camions à Wörth prise en 1963

Pendant l'été 1960, le Conseil de surveillance de Daimler-Benz AG approuve le plan d'achat du site. La vente est finalisée à l'automne. La construction de l'usine démarre deux ans plus tard. Le site entier est surélevé d'un demi-mètre pour le protéger des crues du Rhin. Le premier hall de production terminé est destiné aux moteurs de grosse cylindrée. Ses plafonds ont une capacité de charge de dix tonnes, soit deux fois plus que la normale.En 1963 toutefois, le g roupe restructure complètement sa stratégie de production .

Selon ce nouveau concept, Gaggenau et Mannheim doivent produire moins de camions et Sindelfingen doit abandonner la fabrication de cabines de camions pour se réorienter vers la seule production de voitures particulières. Wörth doit ainsi devenir le principal site de production de camions de la marque Mercedes-Benz. Cette approche permet aussi d'éviter les dangers liés à la production en parallèle. Wörth devra produire entre 200 et 220 camions par jour, soit environ 50 000 par an. Ce chiffre représente, en fait, la moitié de ce que l'usine de Wörth produira plusieurs décennies plus tard.

Automne 1963 : la production de cabines démarre à Wörth

Le transfert de la production se fait progressivement, parallèlement à la construction de la nouvelle usine. La production des premiers éléments de cabines pour Mannheim et Gaggenau démarre le 1er octobre. Ces composants étaient, jusque là, fabriqués dans l'usine de Sindelfingen. Au printemps 1964, Wörth commence à fournir des cabines pour tous les camions portant l'étoile Mercedes-Benz. L'usine se met ensuite à produire des cabines complètement peintes vers la fin 1964. Le nouvel atelier de peinture de l'usine est à la pointe de la technologie.

Pour la première fois dans une usine de camions, la couche d'apprêt n'est plus appliquée manuellement au pistolet, mais remplacée par un procédé par immersion.L'usine de Wörth compte alors plus de 1 000 employés dont beaucoup viennent de Sindelfingen, Mannheim et Gaggenau, dans la mesure où il est difficile de recruter de la main-d'œuvre parmi la population locale .

Ceux qui connaissent bien la situation de l'époque décrivent le sud du Palatinat comme une région forte de nombreux agriculteurs, viticulteurs et cultivateurs de tabac. Et il est vrai que la région est principalement agricole et artisanale, si bien que l'usine de Wörth doit former ses propres travailleurs industriels. Dès 1964, l'usine met donc en place un service formation et embauche 20 personnes pour les former au poste d'installateur. De nouveaux métiers tels que conditionneur de tôles, machiniste, fabricant d'outils, électricien haute tension ou mécanicien automobile, viendront s'ajouter plus tard.

Une méthode inhabituelle de recrutement des employés

L'usine a recours à une méthode inhabituelle pour recruter ses nouveaux employé s. Elle commence par contacter les maires de la région. Puis la société envoie ses employés à proximité des routes principales, où ils relèvent les plaques d'immatriculation des voitures et les comptent pour évaluer le nombre de personnes qui utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail. Les membres du Département des Ressources humaines se rendent le week-end dans les festivals et autres événements locaux, où ils recherchent d'éventuels nouveaux employés. Néanmoins, le manque de main-d'œuvre demeure un problème. L'usine organise donc sa première opération portes-ouvertes en 1969. L'objectif principal est alors de recruter des employés. Mercedes-Benz traverse également la frontière française pour rechercher des travailleurs. C'est pour cette raison que depuis cette époque, les Alsaciens sont présents en nombre dans les salariés de l'usine de Wörth. En 1969, l'usine embauche également ses premières apprenties pour les former au poste d'assistantes dans les bureaux.

1965 : Wörth construit son premier camion complet, le LP 608

La production continue de se développer. La première cabine complète (intérieur compris) est construite au printemps 1965. Elle est suivie du premier camion complet le mercredi 14 juillet 1965. Un accident lors du lancement du camion se révèle finalement être de très bon augure. Il ne sort pas de la chaîne d'assemblage comme prévu, mais se frotte le long d'un pilier du hall de production. Ce LP 608 est le tout nouveau camion léger. Des camions de poids moyen et lourd rejoignent le programme de production en 1966 et 1967, et les modèles sont constamment mis à jour.Les camions Mercedes ne portent alors pas de nom. Les séries de modèles sont en fait nommées, en interne, par des noms qui font référence à l'usine, par exemple « Light Wörther » et « Heavy Wörther ».La marque Mercedes-Benz développe également rapidement sa gamme de services. Dès 1968, elle commence à proposer des stages de formation à la conduite à ses clients qui viennent chercher leur camion à l'usine, pour qu'ils connaissent tout de leur véhicule. Ces offres sont les prémisses des cours de formation, qui attirent aujourd'hui des milliers de participants chaque année.

L'un des plus grands halls de production automobile du monde

La pièce centrale spectaculaire de la nouvelle usine de Wörth est le bâtiment d'assemblage de 750 mètres de long et de 50 mètres de large. Après l'avoir agrandi à une longueur de 1 000 mètres, il reste l'un des plus grands bâtiments de production automobile du monde. Dès le départ, la production se caractérise par l'assemblage de différentes séries de modèles sur une seule chaîne. Cette procédure s'est imposée naturellement, dans la mesure où il n'existait qu'une seule ligne d'assemblage. Aujourd'hui cependant, cette configuration est l'un des plus grands avantages proposés par l'usine, dans la mesure où elle permet un grand niveau de flexibilité.La décision d'installer une usine centralisée de fabrication de camions à Wörth s'est rapidement révélée être la solution idéale.

En 1969, elle fabrique déjà plus de 42 000 véhicules complets et plus de 11 000 kits de montage en CKD pour l'étranger. Selon les plans d'origine, l'usine a alors atteint sa capacité maximale de production. La fin des années 1960 est synonyme de consolidation économique. À cette époque et au début des années 1970, Daimler-Benz rachète la firme Krupp et les utilitaires Hanomag-Henschel, et son usine de camions de Kassel. Ces différentes étapes font de Daimler-Benz le plus grand producteur au monde de camions.Entre-temps, l'usine de Wörth recherche toujours du personnel. Comme le site de l'usine dispose encore de beaucoup de place à cette époque, un nouvel entrepôt centralisé de pièces détachées pour les véhicules utilitaires est construit à Wörth en 1972. Auparavant, les entrepôts étaient répartis sur les différents sites de production de camions.

Production annuelle de plus de 100 000 véhicules atteinte en 1975

Parallèlement, les volumes de production atteignent des niveaux inattendus. En 1975, la production de la marque de véhicules complets et de modules CKD dépasse les 100 000 pour la première fois . À cette date, l'économie s'est remise du premier choc pétrolier et la demande de camions augmente. Des commandes arrivent également du Moyen-Orient. Jusqu'au début des années 1980, l'usine livrera un nombre considérable de camions dans les pays arabes. Pendant certaines périodes, ces livraisons représenteront la moitié de sa production annuelle.Le nombre de salariés de l'usine augmente également.

En 1965, elle employait 2 600 personnes ; en 1981, 10 000 employés et stagiaires y travaillent . Les premières apprenties dans les métiers techniques sont embauchées en 1978. La même année, l'usine de Wörth ouvre un premier bâtiment de son centre de formation, ainsi qu'un nouveau hall de conditionnement CKD qui comporte une zone de chargement de conteneurs. La demande mondiale de kits CKD pour l'assemblage à l'étranger continue d'augmenter et l'usine expédie son 10 000ème conteneur de CKD en 1981.

La production annuelle de 100 000 camions reste l'objectif pendant les décennies suivantes. Ces volumes de production record s'expliquent également par la transition vers les poids lourds de la Nouvelle Génération (NG) en 1973/74. Les cabines de ces camions ont une conception modulaire, ce qui signifie que toutes les variantes sont issues d'un modèle de base. Le nombre de composants diminue donc, tout comme le nombre d'étapes de montage nécessaires, qui diminue de plus de moitié. Il s'agit d'une occasion rêvée pour lancer de nouvelles procédures de fabrication, notamment la mécanisation de la ligne de production de corps de cabines .

1980 : le millionième camion sort de Wörth

L'usine fête un événement important fin 1980, quand le millionième camion sort de la chaîne de montage . C'est l'heure des records, puisque le volume de production atteint 110 125 unités en 1981, un record qui restera inégalé pendant plusieurs années. L'infrastructure de l'usine continue également de se développer. Le site ouvre une nouvelle cantine en 1980, l'ancien bâtiment, datant de 1967, ne pouvant accueillir plus d‘employés. Fin 1981, le menu classique du restaurant est remplacé par un système de libre-service qui fait de l'usine de Wörth un pionnier dans la totalité du groupe.Mais la situation n'est pas toujours si satisfaisante qu'elle en a l'air. Ainsi, la demande diminue au milieu des années 1980, et en 1986 un peu moins de 70 000 camions seulement sont fabriqués à Wörth.

Cependant, la flexibilité du réseau de production est exploitée au mieux pendant cette période, dans la mesure où de nombreux employés de Wörth iront plusieurs années de suite travailler à Sindelfingen pour la fabrication de voitures particulières . Cela permet à l'usine d'éviter les licenciements. L'esprit d'équipe à Wörth est également à l'origine de la création du club de sport Sportgruppe Stern Wörth (SG Stern) par 72 employé s en 1986. À l'approche du 50ème anniversaire de l'usine en 2013, le SG Stern compte 3 400 membres qui pratiquent 40 sports différents.

Ouverture du nouveau Centre d'assistance client en 1988

L'usine continue d'investir, même dans les temps difficiles. En 1985, elle ouvre un nouveau centre centralisé de pièces détachées et en 1988 elle inaugure un Centre d'Assistance Client destiné à remplacer le hall de remise. Son ouverture coïncide avec le 25ème anniversaire du site et l'usine, qui compte désormais 11 586 employés. Le volume de production augmente à nouveau et atteint à présent 82 422 unités. L'usine de Wörth construit également un nouvel atelier de peinture plus efficace et plus écologique que son prédécesseur, permettant aussi d'améliorer la qualité des produits. Des machines de peinture par pulvérisation automatisées remplacent désormais l'application manuelle au pistolet du revêtement de finition pour quasiment tous les composants.

Les années 1990 : de grandes fluctuations, une grande flexibilité

L'usine commence à bénéficier des avantages du développement économique déclenché par la réunification allemande en 1990. Un an plus tard, le volume de production, une fois de plus, atteint un nombre à six chiffres pour la première fois depuis des années, avec plus de 102 000 unités au total. Des modifications sont également apportées à l'infrastructure avec le nouveau centre de pièces détachées dans la ville voisine de Germersheim, qui est désormais chargé de fournir les sites du monde entier.Le pic de la demande en 1990/1991 n'est que bref cependant, dans la mesure où une mauvaise passe économique entraîne à nouveau une chute de la demande. En 1993, l'usine de Wörth ne fabrique que 57 093 camions — son plus mauvais chiffre depuis la fin des années 1960 .

On évite, à nouveau, les licenciements, mais le nombre d'employés diminue considérablement suite à des plans de départ volontaire .Pour pérenniser l'usine dans un environnement économique instable à l'avenir, la direction examine scrupuleusement tous les processus, réduit le nombre de niveaux hiérarchiques et rationalise l'organisation du travail. L'usine de Wörth devient plus rentable et se prépare pour les temps difficiles qui s'annoncent. Ainsi, sa production de composants en plastique est sous-traitée et l'usine, en elle-même, est intégrée à la division Daimler Trucks. Les processus sont de plus en plus coordonnés, les canaux de prise de décision sont raccourcis et des unités jusque-là séparées sont rassemblées.

Des systèmes de temps de travail flexible sont mis en place pour garantir une gestion plus efficace des fluctuations cycliques, typiques du secteur des véhicules utilitaires.L'usine lance aussi un nouveau modèle de camion léger, dit « Lightweight Class » et remplaçant le légendaire LP de 1965 — le grand-père de tous les camions produits à Wörth.

« Rohbau 2000 » et une nouvelle chaîne d'assemblage

L'infrastructure évolue également. Le système de chauffage de l'usine passe du mazout au gaz naturel. Cela permet non seulement de préserver le carburant, mais également de réduire les émissions. En 1992, un processus de fabrication de cabine complètement nouveau est lancé sous le nom de « Rohbau 2000 ». Cette nouvelle configuration, qui comprend des îlots de montage particulièrement flexibles et des systèmes de transport sans conducteur, permet désormais de fabriquer toutes les cabines selon une seule disposition.Ces mesures anticipent l'arrivée de nouveaux modèles de camions, tout comme la création d'un nouveau système d'assemblage en U fin 1995. Par conséquent, l'intégralité de la zone destinée au chauffeur, qui à elle seule peut peser jusqu'à 120 kg peut désormais être pré-montée et installée dans la cabine sous la forme d'un seul composant.

Les ouvriers retirent alors les portes de la cabine du camion et les équipent à part pendant le processus de pré-montage. Cela permet de libérer de la place autour de la chaîne de production et laisse plus d'espace pour l'installation des composants intérieurs. L'application de la peinture de la cabine est également préservée. Dans la zone d'assemblage, les cabines se déplacent sur une plate-forme équipée d'une table élévatrice. Cela permet aux travailleurs de réaliser pratiquement toutes les tâches à une hauteur optimisée d'un point de vue ergonomique.

Un grand démarrage, une grande célébration : le nouvel Actros et 100 ans de camions

Le nouveau système d'assemblage annonce un important changement de modèle qui va pousser Mercedes-Benz à moderniser complètement sa gamme de camions, en très peu de temps. La pièce centrale est le tout nouveau poids-lourd Actros, dont la production pilote est lancée à Wörth le 22 décembre 1995. Le modèle célèbre ensuite ses débuts au Salon International des Véhicules Industriels (IAA), en septembre 1996.Cette année est également le 100ème anniversaire de la production du premier camion par Gottlieb Daimler en 1896. L'usine de Wörth célèbre cet événement en organisant une célébration pendant tout un week-end, qui attire 55 000 visiteurs, avec notamment des visites d'usine et une grande foire aux anciens camions .L'Actros est suivi, quelques mois plus tard, par le nouveau camion léger Atego. La conjoncture redevient plus favorable à Wörth : en 1998, l'usine fabrique à nouveau plus de 90 000 camions pour la première fois depuis son record de 1991 . Le nombre d'employés reste stable à environ 11 500.

Le nouveau millénaire : développement avec le BIC et l'Axor, l'Unimog et l'Econic

Le service client demeure la priorité numéro 1 à Wörth. Le 1er juin 2000, l'usine ouvre son Centre d'informations carrossiers (en allemand : Branchen Information Center (BIC)). Les visiteurs du centre peuvent découvrir 21 solutions de carrosserie présentées par 14 fabricants, et également réaliser des essais sur route. Le BIC a depuis considérablement développé son offre et présente désormais 175 véhicules complets de 70 carrossiers, ce qui en fait une sorte de foire aux poids-lourds. En termes de taille et de variété, il s'agit de la seule installation de ce type au monde. Deux ans tout juste après l'ouverture du BIC, une piste d'essai spéciale pour les véhicules de chantier est réalisée à 25 km de là, dans une carrière de gravier à Ötigheim. Cette installation dispose aujourd'hui encore d'une réputation exceptionnelle parmi les experts de ce secteur.

L'usine de Wörth se développe dans d'autres domaines également. En 2002, elle intègre entièrement la production des Unimog, qui, jusque là, était réalisée à Gaggenau. Cela entraîne aussi le transfert des unités de développement et de commercialisation des camions Unimog, de Gaggenau à Wörth. Unimog est rejoint un an plus tard par Econic qui est transféré à Wörth en provenance de Zwickau, en Allemagne et d'Arbon, en Suisse. Le camion tout-terrain Zetros à long capot suit un peu plus tard . Ces trois modèles sont désormais regroupés sous l'appellation Mercedes-Benz Special Trucks (camions spéciaux) et construits sur une ligne de production séparée à Wörth. La gamme de camions classiques est également complétée avec le lancement de l'Axor en 2002. Ce nouveau modèle se positionne entre les camions de moyen et gros tonnage et entre la distribution courte distance et grands routiers.

En 2005, l'usine répond au besoin de garantir une production de camions rationnelle et respectueuse de l'environnement en introduisant un nouveau processus de prétraitement dans son atelier de peinture. Viendra ensuite la construction d'une nouvelle ligne de revêtement final. L' usine de Wörth célèbre encore un nouvel événement majeur en juillet 2006 avec la production de son trois millionième camion, livré à un transporteur français . Il s'agit d'une époque formidable pour Wörth : La production est à pleine capacité et l'usine produit à nouveau environ 100 000 camions par an.

Centre de développement et d'essais à Wörth

L'installation du Centre de développement et d'essais en 2008 vient améliorer encore un peu plus la collaboration étroite entre les unités de production et de développement. Ce centre occupe une surface de 550 000 m² et se trouve à proximité immédiate de l'usine. Il est conçu pour toutes sortes d'essais, notamment les essais sur terrain difficile et les essais d'endurance, et sert également d'outil de mesure particulièrement précis. Il comporte plusieurs pistes reproduisant des routes difficiles avec 14 types différents de surfaces. Dans certains cas, des répliques exactes de routes existant aux quatre coins du monde sont utilisées pour simuler les conditions de conduite spécifiques de certains pays. Le circuit extérieur fait un peu moins de deux kilomètres et ses virages particulièrement serrés ont des inclinaisons allant jusqu'à 49 pour cent et 26 degrés pour les essais à vitesse élevée. Outre les ateliers et les bureaux, l'installation abrite également des pistes circulaires, une plate-forme circulaire, une colline pour tester les performances dans les pentes, une station de chargement de gravier et un site de construction pour les simulations.

Temps difficiles en 2009 : crise financière traversée sans licenciement

L'usine connaît son année la plus exceptionnelle de son histoire en 2008 quand elle atteint un nouveau record avec 113 370 camions construits. Cependant, à l'automne 2008, la crise financière internationale entraîne une récession économique sévère. Les employés de l'usine profitent alors de leur compte épargne temps suite aux années d'expansion qui ont précédé, puisant donc dans leurs heures supplémentaires. Néanmoins, la réduction des horaires de travail devient inévitable au printemps 2009, dans la mesure où la demande globale de camions chute de moitié. Par conséquent, seuls 44 438 camions sortent de l'usine en 2009. L'usine utilise cette situation pour lancer un programme complémentaire d'éducation et de formation, à grande échelle. Wörth évite à nouveau ainsi les licenciements et un nombre suffisant de commandes des modèles Unimog et Econic garantit aux employés de Mercedes-Benz Special Trucks de pouvoir conserver des heures de travail normales.

5 000 apprentis en un peu moins de 50 ans

À la fin de l'été 2010, l'usine accueille 118 nouveaux apprentis, notamment son 5 000ème employé depuis le lancement du programme de formation professionnelle en 1964. L'installation assure désormais la formation à six métiers techniques et trois professions commerciales et propose également cinq cours de management au sein de la Cooperative State University Daimler. Wörth reste fermement engagée en faveur de la formation professionnelle : en 2012, l'usine porte le nombre de postes d'apprentis à 150 par an.L'usine bénéficie également des nombreuses idées de ses employés qui suggèrent près de 11 000 pistes d'améliorations en 2011. Près de la moitié de ces propositions seront d'ailleurs mises en œuvre.

Les employés, quant à eux, bénéficient de primes quand leurs suggestions sont approuvées.La transition à la toute nouvelle génération de camion Actros en 2011 marque le début de la plus grande offensive dans l'histoire des poids-lourds Mercedes-Benz. En deux ans seulement, l'Actros est suivi de l'Antos, l'Arocs, l'Atego, l'Unimog et l'Econic, tous étant conçus pour être conformes à la norme d'émissions Euro VI. Mercedes-Benz devient ainsi le premier constructeur à faire passer la totalité de sa gamme de camions à la norme Euro VI, et le fait six mois avant son entrée en vigueur officielle, prévue pour janvier 2014. Cette transition complète de modèles, associée à la production simultanée de modèles nouveaux et éprouvés et à la modernisation des camions spéciaux est accompagnée par des mesures visant à optimiser l' usine et ses activités de fabrication.

Durabilité de la production

La transition à la nouvelle génération de véhicules est une occasion de réaliser de nombreux investissements. L'usine construit le premier entrepôt de pièces détachées automatisé du secteur, constituant la base d'un nouveau concept de logistique. La production du châssis est un exemple parmi tant d'autres de l'utilisation de nouvelles techniques de fabrication. Dans cette nouvelle organisation, les accessoires peuvent être montés en différents emplacements. Pour cette raison, les ingénieurs production utilisent alors pour ces nouveaux modèles, le système de documentation de CAO utilisé par les unités développement. Par conséquent, un laser indique à l'ouvrier les informations de montage, directement sur les côtés du châssis. Les ouvriers savent alors précisément où positionner les composants, quels éléments d'assemblages (p.ex. vis) utiliser et quel couple de serrage appliquer. Impressionnante est également la ligne de revêtement de finition en solution aqueuse, les robots dans l'atelier de carrosserie qui se passent les pièces entre eux pour les opérations ultérieures et l'installation automatisée des pare-brise par des robots.Malgré la transition vers le nouvel Actros, l'usine de Wörth assemble près de 108 000 camions en 2011.

La crise financière semble oubliée . Bien que les volumes produits augmentent d'environ un tiers, les émissions de dioxyde de soufre et de NOx de l'usine diminuent considérablement en 2011. La consommation de gaz naturel et de mazout diminue également tandis que la consommation électrique n'augmente que de 10 pour cent tandis que la quantité de déchets produits reste constante ; autant de signes d'une plus grande efficacité. Pour améliorer encore plus l'efficacité, une nouvelle installation de production d'énergie est installée fin 2012. Elle permet de faire diminuer la consommation d'environ 25 pour cent et les émissions de CO2 d'environ 15 pour cent, ce qui correspond à une réduction de 22 000 des émissions de CO2.

2013 : Wörth est la plus grande usine de camions au monde

Cinquante ans après la construction de son premier camion, l' usine de Wörth est non seulement la première usine de camions de Mercedes-Benz, mais également la plus grande au monde pour la production de camions, avec une capacité annuelle de plus de 100 000 unités et environ 12 000 employé s. Elle est aussi la plus flexible dans la mesure où elle produit désormais une large gamme de camions, les Atego, Antos, Actros et Arocs. Pendant une période de transition, les modèles précédents continuent d'être produits en parallèle et les pièces détachées de ces produits continueront d'être fabriquées pendant les années à venir.

De plus, l'usine construit les camions spéciaux Mercedes-Benz (Unimog, Econic et Zetros) dans une zone spécifique. Au final, il s'agit d'une variété de produits incomparable pour des applications illimitées.L'usine de Wörth est le deuxième plus grand employeur dans le land de Rhénanie-Palatinat et son impact économique s'étend bien au-delà de la région dans la mesure où elle expédie des véhicules complets et des kits CKD dans plus de 150 pays. Environ 500 camions de pièces sont livrés tous les jours à Wörth tandis que jusqu'à 470 camions neufs construits selon les spécifications précises des clients quittent l'usine. La plupart sont récupérés directement à Wörth par leur nouveau chauffeur ou propriétaire.Une seule chose n'a pas changé avec les années : il s'agit de l'« esprit de Wörth » qui a vu le jour pendant les premiers jours agités du milieu des années 1960.

On sent une cohésion fabuleuse au sein des employés dans les bonnes périodes et, plus important encore, quand les temps sont difficiles, périodes qui alternent rapidement dans le secteur cyclique de la production de véhicules utilitaires. Et c'est cet esprit qui fait de la plus grande usine de production de camions au monde un site de production vraiment spécial et extraordinaire.